3 mai 2017, le jour de mon accouchement.

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Il y a des jours comme ça que l'on risque de ne jamais oublier.



J'ai envie aujourd'hui de vous parler du jour de mon accouchement. Ce jour où ma vie a tout simplement changé. Passer du statut de jeune femme, à future maman et enfin de mère. Avec le chéri on se le répète très régulièrement, si vous m'aviez dit que pour l'année de mes 22 ans je serais enceinte et surtout maman, je ne vous aurez pas cru. Comme je vous l'avez expliqué dans l'article sur mon premier trimestre de grossesse (juste ici), notre petite princesse n'était pas prévue dans nos plans de l'année. Après s'être posée beaucoup de questions entre nous, je suis aujourd'hui heureuse d'avoir pris la bonne décision en voyant la magnifique bouille de notre fille.

Chaque grossesse est différente d'une femme à une autre, et même d'un bébé à l'autre. Tout comme les accouchements. Et je vous avoue, je n'ai absolument pas envie de revivre ce jour là. Ou du moins la nuit et la journée avant la fameuse rencontre tant attendu. Il paraît qu'il ne faut pas vraiment raconter nos mésaventures sur ces jours si spéciaux, pour ne pas angoisser les futurs mamans. C'est vrai, c'est un peu ce que j'évitais quand j'étais enceinte, pour ne pas avoir peur du jour fatidique. Mais j'avais tout de même envie de vous partager mon expérience. Il n'existe pas que des accouchements merveilleux où tout se passe comme on l'avait imaginé et tant espéré.
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9 jours avant l'accouchement

Tout à commencé le 2 mai. Nous étions en pleins cartons la semaine et le week end précédent, et nous avions rendez vous ce jour là à 11h pour signer le bail de notre futur appartement. Pendant mon dernier trimestre de grossesse, j'évitais au maximum de me fatiguer, je l'étais bien déjà naturellement. J'avais passé une nuit affreuse, et le réveil avait été compliqué pour moi. A peine rentrer de ce rendez vous, j'ai couru me démaquiller, me changer et me recoucher. Quelques épisodes de Grey's Anatomy plus tard, des contractions se font ressentir. J'en avais assez régulièrement depuis quelques jours, les fameuses contractions de Braxton Hicks comme on les appelle, celles qui ne font pas mal mais qui préparent l'utérus à l'accouchement. Sauf qu'elles sont sensées s'atténuer avec le repos. Chose qui ce jour là ne s'est pas produit. Toute l'après midi, malgré le repos, les spasfons et le bain chaud, les contractions étaient bien présentes.

Vers 16h30, l'hôpital m'appelle et me laisse un message. La sage femme qui nous faisait les cours de sophrologie m'annonce que mes dernières analyses de sang ne sont pas très bonnes, que je dois la refaire avant mon prochain rendez vous qui était 2 jours après. Je la rappelle pour en discuter plus précisément, et en regardant mes analyses précédentes, la dernière et les quelques symptômes que j'ai, la situation était préoccupante. Depuis presque un mois, des démangeaisons de plus en plus importantes sur les plantes des pieds, les paumes des mains, le dos et le ventre se font ressentir. Avec la grossesse, pleins de choses bizarres peuvent se produire. J'avais néanmoins regarder sur internet ce que pouvais être ces démangeaisons qui étaient plus intenses la nuit et donc m'empêchaient de dormir. La cholestase gravidique ressemble beaucoup, mais seulement 1% des femmes en Europe sont touchées. Le foie ne "filtre" plus les acides biliaires qui passent dans le sang, c'est sans risque pour la maman, mais très dangereux pour le bébé. Une insuffisance fœtale est donc en jeu, mais surtout la mort in utero. De quoi bien stresser.

Vient l'heure du dîner. Ayant appeler 2 jours plus tôt la maternité pour savoir quoi faire car j'avais eu les mêmes épisodes de contractions, j'avais beaucoup hésité à rappeler, me disant que de toute façon elle me dira la même chose : "attendre que les contractions soient rythmées toutes les 5 minutes". J'ai finis par appeler, en y rajoutant d'ailleurs un peu plus dans mes "symptômes" car on commençait un peu à s'inquiéter et on voulait être rassurés.


Mardi 2 mai, il est 22h, nous arrivons à la maternité.
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On me pose le fameux monitoring pendant 30 minutes, puis vient une sage femme pour m'ausculter. Je lui parle de mes résultats biologiques, et de la prise de sang que je dois refaire. Le col est ouvert à 1cm, mais personne ne savait si c'était à cause des contractions ou s'il était déjà ouvert auparavant. On me fait la fameuse prise que je devais refaire, mais ayant mangé 2h plus tôt, les résultats pouvaient légèrement être faussés (car l'on doit la faire à jeun). On me demande ensuite d'aller faire un petit tour pendant une heure. Le parking de l'hôpital à 23h et les couloirs vides, c'est pas ce qu'il y a de plus gai. Mais accompagnée du chéri, de la belle sœur et d'un chocolat chaud, le temps passe plus vite. Et les contractions légèrement plus douloureuses se font également ressentir. Nouveau monito de 30 minutes, suivis d'un autre examen. Le col n'avait pas du tout bougé. Mais les douleurs se font de plus en plus intenses..

Les résultats de la prise de sang enfin arrivé, on m'annonce que la cholestase gravidique est bien présente, et qu'un déclenchement est prévu le lendemain matin. Je suis à 38 semaines aménorrhée, bébé n'est plus prématuré mais pas non plus terminé. Les sages femme ont préféré me garder en vue des contractions que j'avais mais surtout de la pathologie et du risque pour bébé. Nous essayons donc de nous reposer. Le chéri était repartis à la maison chercher quelques affaires pour la nuit et la belle sœur qui attendait dans le couloir est donc rentrée dormir. J'ai passé la pire nuit de ma vie, entrecoupée de contractions et de visites de sage femme.

Vers 3h du matin, les contractions font de plus en plus mal. On me propose un bain chaud, que j'accepte volontiers. Lumière tamisée, nous mettons de la musique sur la télé, et j'essaie de me relaxer dans cette immense baignoire d'eau chaude. Je sens moins le poids de bébé, ça soulage un peu mais les douleurs sont toujours présentes. Quelques exercices de respiration me font du bien mais je commence peu à peu à ne plus bien me sentir. Je sors du bain et une nouvelle sage femme arrive dans la chambre. Très gentille, elle me propose le ballon. 5 jours plus tôt nous avions eu un cours de sophrologie avec justement cette grosse baballe et la préparation à l'accouchement avec les papa. Mais malheureusement, le ballon empire les douleurs, c'est une vraie torture pour moi.

On m'ausculte une nouvelle fois, 6h après mon arrivée le col n'a toujours pas bougé, il est toujours ouvert à 1cm. Le verdict tombe, je fais du faux travail. Aïe.. J'ai mal, je n'arrive pas à me reposer et je n'ai toujours pas droit à la péridurale. Quelques nausées sont présentes, et je finis même par vomir durant la nuit. Ca ne m'avait pas manqué.. Vers 6h du matin, la sage femme arrive pour me poser un cathéter pour la péridurale prévue vers 11h. Elle me propose également une piqûre de Nubain, un dérivé de morphine pour me soulager et surtout me reposer et prendre quelques force pour me préparer au déclenchement et donc l'accouchement. Elle doit me piquer dans le gras du popotin, et ça fait un mal de chien. Le produit pique et chauffe à l'intérieur de la chair, mais ça finit par soulager mes contractions pendant un petit laps de temps.
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J'arrive enfin à me reposer quelques petites heures, on vient m'ausculter et le col est à 2cm. Est venue l'heure de me poser la péridurale. L'équipe a évidemment changer pour laisser la place aux sages femme de la journée. Je fais la connaissance de Mathilde, une étudiante en dernière année. C'est elle qui va s'occuper de nous, de moi, de bébé. Je me change, j'enfile une belle blouse bleu et on m'emmène en salle de naissance. La pièce est jaune clair passé. Le chéri doit lui aussi se changer, une blouse et des sur chaussures lui sont amener. Il est 11h, on fait sortir le chéri et l'anesthésiste arrive. C'est un interne, supervisé par son professeur. Je ne suis pas sereine, c'est une procédure qui, si elle est mal faîte, ne pourra pas me soulager. Mathilde me prend la main et me rassure. On me demande de le prévenir quand arrive une contraction. Toute les 5 minutes j'en ai une qui me fait horriblement mal, elles sont longues mais j'arrive à prendre le dessus. Je gère avec les exercices appris en sophrologie. L'anesthésiste me pose la péridurale, il m'a d'ailleurs fait mal en passant le tube mais tout finit bien. Il m'explique comment tout ça fonctionne, et je peux enfin me reposer je ne sens plus les contractions.

Il m'est interdit de boire et de manger avant l'accouchement, et heureusement que j'avais acheté un brumisateur quelques jours avant. Une sage femme me dit que je peux tout de même "m'asperger" la bouche avec, et même si ça ne calme pas la soif, ça fait un bien fou. On me dit qu'on attend une heure pour me déclencher et que pendant ce temps je peux me reposer. On fait quelques photos souvenirs, le chéri sort voir la famille qui attend depuis le matin à la cafétéria et en profite également pour aller manger. J'avais pris des gâteaux dans mon sac de naissance pour lui, mais je n'ai pas eu le droit de le ramener. J'avais également prit des livres et des coloriages anti stress, mais je n'ai même pas eu la tête à m'en servir.

Il est 13h, on vient de nouveau m'ausculter. Le col est ouvert à 3cm, ça avance enfin, mais très lentement. Heureusement, la péridurale fait bien son effet. Elle est également très bien dosée, j'arrive à bouger comme je veux. Mathilde me dit qu'elle va percer la poche des eaux pour accélérer le travail. Ca ne fait absolument pas mal mais un nouvel incident tombe. Le liquide est méconial. Il n'est pas teinté, mais carrément méconial, c'est à dire que bébé à fait ses besoins dedans et que donc il faut accélérer le travail pour éviter toutes infections.
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Vers 17h je me sens mal, j'ai la nausées, j'ai des bouffées de chaleur, j'ai la tête qui tourne. Je finis par vomir et je pense que c'est l'effet de la péridurale qui me fait ça. On appelle la sage femme, qui m'ausculte et m'annonce que le col est ouvert à 9cm mais que bébé n'est pas encore engagé. Elle m'explique également que c'est cette accélération d'ouverture qui me fait me sentir mal. Mon corps n'a pas supporter et me le fait bien remarquer. Passer de 3 à 9cm en 4h est en effet très rapide.

Mathilde me demande donc dans quelle position je veux me mettre pour que la tête de bébé s'engage. Je choisis sur le côté au début, et elle installe tout le matériel dans la pièce en attendant l'heure fatidique. Elle revient 30 minutes plus tard pour vérifier que tout se passe bien, et bébé n'est toujours pas engagé mais le col est à 10cm. On m'installe donc sur les étrier, la position la plus naturelle et confortable qui existe, bien sûr, et me demande de pousser pour aider bébé et surtout m'entraîner. On laisse donc le temps faire les choses.

Une nouvelle demi heure plus tard, Mathilde revient pour m'ausculter et bébé n'est toujours pas engagé. Une heure est passée, le col est à dilatation complète, bébé n'arrive pas à se mettre et on sous entend une césarienne car le liquide méconial n'est pas bon pour sa santé. Ce n'était pas du tout dans nos plans, c'était d'ailleurs la seule chose que je ne voulais pas.

Mais tout bascule quand on voit le rythme cardiaque de bébé chuté un peu dangereusement. Elle fatigue à cause des contractions, et il faut la sortir de là. On m'installe, la puéricultrice entre dans la chambre. Il est 18h05, nous sommes 5 dans la pièce. Mathilde la sage femme, l'infirmière, la puéricultrice, le chéri et moi. Nous sommes en petit comité et j'apprécie, mais les médecins sont dans la pièce d'à côté au cas où car ils connaissent le dossier On me demande de pousser quand une contraction se fait ressentir sauf que je n'arrive pas à les ressentir. J'ai juste une sensation de pesanteur au niveau du pubis. Je tente de sortir bébé mais je n'y arrive pas. Sa tête est coincée dans mon bassin..
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Je pousse pendant 5 minutes mais rien ne bouge. On appel donc les médecins, et on se retrouve à 8 dans cette toute petite salle. Ca me stress mais je prends sur moi. La gynéco commence par sortir les forceps et me demande de pousser quand il y a une contraction. Je prends ma respiration et c'est parti pour une session de trois poussées. Bébé n'arrive pas à sortir, et on recommence encore une fois. Rien ne change, et la gynéco opte pour une autre méthode, elle choisit les spatules pour ne pas blesser la tête de bébé lors de la sortie. Je reprends ma respiration et là tout le monde m'encourage pour pousser afin de faire sortir bébé. La tête sort enfin, et j'ai mal quand je pousse. C'est très intense et fatigant mais je dois sortir bébé afin qu'il soit en sécurité. Je reprends des forces et c'est reparti. Bébé est pratiquement là, et on me demande d'arrêter. Il est 18h23, la gynéco me pose enfin bébé sur le ventre mais encore une fois rien ne se passe comme prévu.
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Bébé ne pleure pas et a du mal à reprendre ses esprits. On a beau la stimuler, mais rien n'y fait elle est emmené dans la pièce d'à côté. On attend avec impatience ce fameux cri, c'est long. Très long. On tente de me rassurer. Je suis en pleure, le chéri est complètement blanc et livide d'inquiétude. Deux minutes passent, et on l'entend enfin. Le soulagement ! On nous annonce qu'elle était à deux doigts d'être intubée.. Je voulais que le chéri coupe le cordon, mais il n'a pas eu cette chance. On garde bébé sous surveillance pendant une bonne demi heure, et on me l'amène enfin pour faire le peau à peau. Elle est branché à un appareil qui capte son cœur et sa respiration, pas ce qui a de plus naturel comme première rencontre. On reste ainsi en peau à peau et en surveillance pendant une heure.
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A cause de cette extraction assez sportive, j'ai eu le droit à une petite épisiotomie. Le plus dur a été le lendemain mais tout s'est remis en ordre une semaine plus tard. Côté allaitement, bébé a eu beaucoup de mal à être à l'aise. J'ai eu droit aux téterelle car elle n'arrivait pas à bien prendre. Nous avons dû faire le relais avec du lait en poudre, et également acheter un tire lait pour connaître la quantité qu'elle prenait car elle n'était pas assez "grosse". Elle était suivie toutes les semaines pour suivre sa courbe de poids. Mais avec beaucoup d'obstination, aujourd'hui tout va pour le mieux, et nous n'avons besoin de rien maintenant.
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J'ai également dû faire plusieurs prises de sang afin de suivre cette cholestase. Malheureusement, j'ai une chance sur deux d'en refaire une pendant ma prochaine grossesse, et le suivi sera plus qu'important. Je sais que chaque accouchement est différent, mais cette expérience pourrait bien me stresser et m'angoisser pour le futur.
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Aujourd'hui bébé se porte à merveille, elle grandit comme il faut, elle est gâtée comme une petite princesse. Elle nous comble de sourire et de bonheur. Je souhaite cet émerveillement à tout le monde ! 

La petite Margot a vu le jour le 3 mai 2017 à 18h23.
Elle pèse 2,760kg et mesure 47,5 cm.
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Et toi, comment as tu vécu ton accouchement ?
Es-tu angoissée d'accoucher ?





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Publié le Lundi 24 Juillet 2017

CONVERSATION

2 commentaires:

  1. Quel récit ! Ma pauvre... tu as eu ta dose d'événements badants. Tu es courageuse de Nous raconter tout ça. Moi non plus je n'ai pas eu un accouchement facile mais je ne pourrais pas le raconter. J'ai encore un peu de mal .... le plus important est que tout le Monde va bien au final. C'est ce qu'il faut se dire. Bises

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  2. Ah ma belle, c'est vraiment dommage que cela ce soit passé comme ça. Mon accouchement aussi n'a pas été facile. Tout comme toi le liquide était meconial et ça a fini en césarienne d'urgence. C'est tellement stressant de ne pas entendre ce cri a la naissance je comprends bien ce que tu ressens. Maintenant bebe va bien Et c'est le plus important

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